| Going Brokeback |
[déc. 3e, 2006|05:29 pm] |
| [ | Les voix qui m'entourent |
| | Blur, "Parklife" | ] |
OH MY, vous saviez qu'une nouvelle expression était rentrée dans le vocabulaire américain après le phénomène "Brokeback Mountain" ?
C'est "going brokeback" qui veut dire "virer sa cuti", devenir gay.
Je l'ai entendue dans deux séries différentes ! Dans Nip Tuck et Prison Break.
C'est GENIAL. J'aime que l'anglais soit une langue si souple. |
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| (pas de sujets) |
[nov. 1er, 2006|04:48 pm] |
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par exemple "la mort dans l'âme" se traduit par " with a heavy heart", et je trouve ça intéressant. |
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| (pas de sujets) |
[oct. 3e, 2006|11:46 pm] |
I met somebody today. It had been a long while since our paths last crossed. It turned out to be odd, for we didn't have much to say to the other. Not as if, but because we were apparently not talking the same language. He pretended not to understand my words, too unnatural he claimed they were. I wondered how come I had become so little involved in my own thoughts, in my own dreams. Like an instrument player whose band members pals ran away. Did they from me?, I muttered. Had they ever been real? I began to realize how much I cared for this tiny green-covered notebook in which I put myself down. And never, ever, did I try to look for the unknown, for I was content with the few I knew. The few I could master. It was this kind of power which enabled me to consider the possibility of some sort of freedom, in a world where a future not yet drawn is bound to be a failure. But, how did one suppose this need for things to be planned, while everything happens for no reason, while the mere trivial event crashes upon you with no warning of any kind, while love and poetry don't mean or express anything anymore?
One day, it was Monday. Like any other day, I refused to write anything. Too exhausting, I thought. So, I went to work, along with silence. I was whispered to the ear that it would be alright, soon. It was not like, we'll fill the empty spaces. No, it was not. It was, we'll erase everything, every single thing. Great, I exclaimed. And suddenly, it happened. It happened like that. And anymore, I knew nothing.
Walking steadily on the pavement, changing side as he passed by the rubbish bins, moving by contrast as confidently as the eye behind the camera behind the camera behind the camera is awkward, he was interpelled by voices rushing the air to his head. These voices touched his being. They shook his brain and tore it and yelled at it, wake up. He smiled. He just, smiled. He didn't say a word, nor would anything make a difference. The voices urged him have a reaction, up to a climax even a star would not manage to come down from. He, this man taken in the middle of chaos, remained still. The sceams were so loud and the atmosphere so heavy and the air so dusty and the sky so dark and life so ugly. The man just said,
hush.
And smiled. |
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| Chronique |
[aoû. 20e, 2006|04:34 pm] |
Il y a peu de posts sur cette communauté, et en tant qu'administrateur, comme elle me tient à coeur, je vous propose de chroniquer certaines de mes lectures que je juge dignes de l'être.
Aujourd'hui, Passage du Gué, de Jean-Philippe Blondel.
C'est le cinquième roman de Jean-Philippe Blondel. L'auteur est habitué à fragmenter ses récits, à changer de point de vue narratif. C'est un conteur attentif à la complexité des sentiments, qui propose des histoires vécues s'inscrivant toujours dans le mouvement. Son esquisse des sentiments colle au plus près de la réalité, pourtant aucune valeur psychologique ou sociale n'est à chercher dans ses romans. C'est à une sorte de démonstration d'empathie que nous convie l'auteur, et les seules exhortations pour lui seraient de nous écouter, soi, les uns les autres, et de parcourir avec lui un voyage; celui du souvenir, de l'imagination, et de l'existence.
Passage du Gué commence en Janvier 2006, lorsque Fred croise Myriam, Thomas, et leur enfants, dans un magasins d'usine dans une ville de province sans nom. C'est l'occasion pour le narrateur de se souvenir. Direction le milieu des années 80, avec le début des catastrophes industrielle et terroriste. L'histoire s'ancre dans la conjoncture, mais se joue à l'échelle individuelle. D'un seul narrateur, on passe à trois. Trois personnages qui épient eux-mêmes ainsi que les autres. Avec force coups de gueule et incessants questionnements, le récit dépeint l'évolution de personnalités qui se forgent, s'éffritent. C'est pendant le quotidien que les personnages se frottent les uns aux autres, avec ambivalence; désir, répulsion. Cela mène à des dérapages manqués, à des spéculations de rêve, à un champ des possibles qui réinvente les évènements, comme pour montrer que la réalité n'est pas inerte, mais qu'elle s'imbibe de nos états d'âme, des choses qui nous insupportent, et de celles qui nous font envie. Ainsi s'approfondissent les caractères de ces trois êtres qui prennent la parole à tour de rôle, et qui parlent le langage de notre perception. Notre perception de l'instant. Le soir lorsqu'on rentre du travail, lorsque le doute accompagne la tombée de la nuit, ou le matin lorsqu'on se réveille après un songe rémanent qui nous rend perplexe. Au fur et à mesure des mois que les chapitres sanctionnent, Fred, Myriam et Thomas oscillent entre la frustration, la colère, l'espoir, l'ambition d'un accomplissement total de soi, à cause ou grâce à l'autre. Des mois à se jauger, à se retenir, à se donner une direction, et à se mettre à tenir aux liens créés, bien qu'ils leur arrivent de prétendre le contraire. C'est la complexe limite entre le bonheur et le désespoir d'en être privé que trace le roman. Un drame qui pulvérise tout, qui prend aux tripes sans jamais les lâcher, en les remuant, puis en leur donnant du répis - un drame qui insuffle aussi une nouvelle dimension à l'intrigue, aux vies auxquelles nous sommes les témoins bouleversés. Voilà la prouesse de l'auteur, d'insurger à des tranches de vie dont nous aurions pu faire partie, des émotions antagonistes, paradoxales dans la mesure où elles sont présentes au même instant, ressenties à l'intérieur d'un même coeur. En résulte un maelström lié au choc à la limite du soutenable. On est énervés, mais ce n'est pas le fait du livre, ni d'un style toujours simple, direct, précis au plus près de ce qui bat en nous, qui temporise quand nous le faisons, qui est nerveux ou posés quand nous le sommes - c'est bien à cause de ce tout que constitue la conjoncture vue à travers les yeux d'une seule personne, avec son lot de crises d'angoisse, de dénégations, de mises à distance, de mises au point, de choix. Beaucoup de pudeur confère de la finesse aux phrases, mais une finesse qui a la profondeur des traumatismes. Puis, lorsque la tempête passe, c'est le moment de se quitter, où les chemins se séparent. Pour toujours. Mais ce qui reste pour toujours, au bout du compte, c'est que nous étions ensemble pendant la rupture de notre vie.
Un roman très émouvant, donc, auquel le seul reproche que je puisse faire, comme aux opus précédents (Juke-box et Un Minuscule Inventaire en tête de liste), est qu'il semble trop nous ressembler. Un paradoxe qu'il fait bon de lire.

"[...] Myriam se retourne pour parler à sa fille et ses yeux balaient les caisses. Son regard passe sur moi sans s'arrêter. Elle ne m'a pas reconnu. Le temps. Les circonstances. La géographie. L'oubli. L'oubli est sans doute ce que nous avons de plus précieux. [...]
Je voudrais toucher sa joue. Je voudrais lui dire que tout va bien, désormais. Je voudrais lui dire que tout en valait la peine. Parce que ça en valait la peine, non?
Je ne suis pas sûr de la réponse. Dans ses yeux, il y a des après-midis dans maison de campagne, des soirées écossaises, et puis il y a ce jour-là. J'apportais des iris à Myriam. Il faisait chaud. C'était le mois de mai. Le crissement du papier transparent autour du bouquet. Le soleil sur ma nuque. [...]" |
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| (pas de sujets) |
[juil. 30e, 2006|07:59 pm] |
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Emouvoir, émotion.
Du latin movere, bouger (si mes souvenirs sont exacts)
En anglais to move = bouger = émouvoir
L'émotion c'est donc le passage d'un état à un autre? Ce n'est donc ni tristesse ni bonheur, c'est juste cet état là, celui de flottement, mais pas de stagnation.
J'aime bien y penser. |
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| (pas de sujets) |
[juin. 9e, 2006|10:04 am] |
"Notre caractère est l'effet d'un choix qui se renouvelle sans cesse. Il y a des points de bifurcation (au moins apparents) tout le long de notre route, et nous apercevons bien des directions possibles, quoique nous n'en puissions suivre qu'une seule. Revenir sur ses pas, suivre jusqu'au bout les directions entrevues, en cela paraît consister précisément l'imagination poétique. Je veux bien que Shakespeare n'ait été ni Macbeth, ni Hamlet, ni Othello; mais il eût été ces personnages divers si les circonstances, d'une part, le consentement de sa volonté, de l'autre, avaient amené à l'état d'éruption violente ce qui ne fut chez lui que poussée intérieure. C'est se méprendre étrangement sur le rôle de l'imagination poétique que de croire qu'elle compose ses héros avec des morceaux empruntés à droite et à gauche autour d'elle, comme pour coudre un habit d'Arlequin. Rien de vivant ne sortirait de là. La vie ne se recompose pas. Elle se laisse regarder simplement. L'imagination poétique ne peut être qu'une vision plus complète de la réalité. Si les personnages que crée le poète nous donnent l'impression de la vie, c'est qu'ils sont le poète lui-même, le poète multiplié, le poète s'approfondissant lui-même dans un effort d'observation intérieure si puissant qu'il saisit le virtuel dans le réel et reprend, pour en faire une oeuvre complète, ce que la nature laissa en lui à l'état d'ébauche ou de simple projet." Henri Bergson, in Le Rire |
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| (pas de sujets) |
[mai. 30e, 2006|06:12 pm] |
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«Quand c’est la face humaine qui lance l’injure, chacun veut croire que tout ce qu’elle dit était prémédité, ou tout au moins est pensé dans l’instant même. Ce qui trompe, c’est l’éloquence des passions et l’espèce de sens qu’offrent presque toujours des paroles produites sans pensée par une bouche humaine.» Alain |
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| Pourquoi écrire / Pourquoi c'est dur |
[mai. 27e, 2006|04:19 pm] |
"Nous n'avons savoir de nos pensées -nous n'avons des pensées déterminées, effectives- que quand nous leur donnons la forme d'ob-jectivité, de l'être-différencié d'avec notre intériorité, donc la figure de l'extériorité, et, à la vérité, d'une extériorité telle qu'elle porte, en même temps, l'empreinte de la suprême intériorité. Un extérieur ainsi intérieur, seul l'est le son articulé, le mot." Georg W.F. Hegel, in Philosophie de l'Esprit
"Nous jugeons du talent d'un romancier à la puissance avec laquelle il tire du domaine public, où le langage avait fait descendre [les mille sentiments qui agitent l'âme], des sentiments et des idées auxquelles il essaie de rendre, par une multiplicité de détails qui se juxtaposent, leur primitive et vivante individualité. Mais de même qu'on pourra intercaler indéfiniment des points entre deux positions d'un mobile sans jamais combler l'espace parcouru, ainsi, par cela seul que nous parlons, par cela seul que nous associons des idées les unes aux autres et que ces idées se juxtaposent au lieu de se pénétrer, nous échouons à traduire entièrement ce que notre âme ressent: la pensée demeure incommensurable avec le langage." Henri Bergson, in Essai sur les données immédiates de la conscience |
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| Prouve scientifiquement |
[mai. 16e, 2006|11:38 pm] |
Resume : L'abbe Grugeon souhaite eviter de se faire traiter de reactionnaire. Pour cela, il decide d'assister a la messe a l'eglise americaine. Mais sera-t-il a la hauteur de ce qui l'attend ? Prouve scientifiquement Tous les commentaires, positifs ou negatifs, sont les bienvenus ! |
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| Le temps retrouvé, Proust, mini bout. |
[avr. 24e, 2006|03:35 pm] |
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"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature. Cette vie qui en un sens , habite à chaque instant tous les hommes aussi bien que chez l'artiste. Mais ils ne la voient pas, parcequ'ils ne cherchent pas à l'éclaircir. Et ainsi leur passé est encombré d'innombrables clichés qui restent inutiles parceque l'intelligence ne les a pas "développés". Notre vie; et aussi la vie des autres car le style pour l'écrivain aussi bien que la couleur pour le peintre est une question non de techniques mais de vision. Il est la révélation, qui serait impossible par des moyens directs et conscients de la différence qualitative qu'il y a dans la façon dont nous apparaît le monde, différence qui s'il n'y avait pas l'art resterait le secret éternel de chacun (...) Grâce à l'art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier et autant qu'il y a d'artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition. (...)" |
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| Camarades |
[avr. 24e, 2006|03:23 pm] |
| [ | Les mots dans ma tête |
| | cold | ] |
| [ | Les voix qui m'entourent |
| | a song for sorry angel, franz ferdinand and jane birkin | ] |
Bonjour les amoureux! (des mots)
Je veux juste promouvoir une communauté qui me semble très intéressante pour chacun d'entre nous!
Ca parle de bouquins plus précisemment et non pas de mots en général. Je vous conseille d'aller faire un tour! J'ai découvert ça hier...
http://community.livejournal.com/litterary_drug/
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| Still death |
[avr. 23e, 2006|06:31 pm] |
Nature morte en anglais se dit "still life".
Mort éternelle versus vie immortalisée.
"Nature morte", c'est tout de même macabre pour parler d'objets ou d'être inanimés peints. Pas joyeux du tout !
Est ce que vous auriez des exemples de mots qui traduits d'une langue à l'autre, dénoteraient une opposition dans leur dénotation ? Une vision positive dans une langue et une vision négative dans l'autre ? |
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| Oyé Oyé. |
[fév. 22e, 2006|09:17 pm] |
Chèrs membres de cette communauté.
Ceci est un message pour dire qu'incessament sous peu, des exercices de style vous seront proposés. Ce sera l'occasion à chacun de tenter de mettre à rudes épreuves ses talents stylistiques et de trouver un moyen de faire avec les consignes. Il vous faudra de la malice et de l'inventivité pour faire fi des contraintes, mais je crois que le jeu peut être aussi amusant que stimulant pour chacun. Evidemment, il ne sera pas question de compétition, mais d'émulation. N'ayons pas peur de la critique, si celle-ci est fondée et bien argumentée.
Préparez-vos plumes. |
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| (pas de sujets) |
[fév. 22e, 2006|08:58 pm] |
"J'ai toujours voulu dans le monde mener vingt choses à la fois, et, pour comble, dans un dessein qui n'était pas louable. C'était un tort; dois-je montrer maintenant que je n'ai rien appris d'une année de procès? Dois-je partir comme un imbécile qui n'a jamais rien pu comprendre? Dois-je laisser dire de moi qu'au début de mon procès je voulais le finir et qu'à la fin je ne voulais que le recommencer? Je ne veux pas qu'on dise cela. Je suis heureux qu'on m'ait donné ainsi ces deux messieurs à demi muets qui ne comprennent rien, et qu'on m'ait laissé le soin de me dire à moi-même ce qu'il faut." in Le Procès, Frank Kafka.
Maintenant, essayez de remplacer le mot "procès" contenu dans ce fragment et de le relire. Que ressentez-vous? Pour moi, une puissante angoisse. Ce livre me perturbe vraiment. |
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| (pas de sujets) |
[fév. 22e, 2006|02:37 am] |
petite présentation rapide: camille, 16 ans, fraîchement cyber-projetée jusqu'ici à partir de la ville ensoleillée de lille, aime se prendre pour une poète et voudrait devenir styliste et écrivain(e pour les féministes parmi vous).
maintenant qu'on se connaît, j'ai une petite question pour vous qui, comme votre serviteur (moi), êtes amoureux des mots. je me demandais ce que vous pensiez de la traduction car il se trouve que, étant plutôt douée en anglais, j'ai eu la chance depuis plusieurs années de pouvoir lire tous les livres anglophones dans leur version originale, snobbant systématiquement toutes les versions traduites qu'on me mettait sous le nez. mais il a bien fallu que je m'arrête deux secondes pour réfléchir plus profondément à la question puisque, ne nous voilons pas la face, je suis incapable de lire nietzsche ou kafka en version originale.
en ce qui concerne les romans, les écrits philosophiques, les mémoires etc. bref, la prose en général, la traduction ne pose à priori pas de problème, mais par pure curiosité, j'ai déjà comparé distraitement la première page d'une vo avec la première page d'une traduction et HORREUR, le texte perdait au moins 50% de sa richesse. alors quoi? incompétence du traducteur, difficulté de l'art de la traduction, impossibilité de préserver le texte, même? seulement, personne ne peut se targuer de parler toutes les langues possibles et imaginables et entre lire une version traduite et ne pas lire le livre du tout, le choix est tout fait. mais avouons que c'est dommage, toutes ces belles phrases, tous ces beaux mots perdus, tronqués, amputés par la plume du traducteur. maintenant, je n'accuse pas les traducteurs d'avoir l'efficacité d'un outil de traduction dans le genre google, loin de là, étant moi-même traductrice à mes heures, je sais à quel point il est difficile, ce fameux travail de choix qui est l'apanage de toute personne qui décide de traduire un texte quel qu'il soit. mais il faut avouer que certains traducteurs mériteraient un bon coup de pied dans le derrière.
la question de la traduction de la poésie est d'autant plus complexe car étant avant tout un jeu sur les mots, il y a des possibilités stylistiques qui sont offertes dans une langue et pas dans une autre. prenons par exemplele problème courant de la traduction des rimes, des mots riment dans une langue et pas dans une autre et on doit donc choisir entre garder le sens pur et une syntaxe équivalente à l'originale, ou alambiquer le texte pour qu'il rime encore (soit dit en passant, je trouve absolument ridicule qu'on tienne à ce point aux rimes qui sont maintenant aussi difficiles à maîtriser que les poèmes d'amour: on tombe très rapidement dans le cliché si on n'est pas extrêmement vigilant). naïvement, je me rangeais derrière l'opinion de e.e. cummings qui disait de la poésie qu'elle était intraduisible jusqu'à ce que je découvre anne sexton et que je sente l'envie irrépressible de traduire certains de ses poèmes pour les faire découvrir à mes amis francophones, et je m'en sors plutôt bien. encore une fois, je pense que le problème de la compétence du traducteur se pose car la poésie étant généralement très imagée, le moindre contre-sens peut faire perdre au poème traduit toute la valeur que l'auteur avait placé dans la version original. le contresens grave n'est pas forcément la conséquence d'une bête incompréhension textuelle, mais d'une lacune par rapport à la connaissance de l'auteur, aux thèmes récurrents de son oeuvre. et il faut ajouter que tous les auteurs ne se traduisent pas de la même façon: bukowski possède un style très direct, proche de la prose qui se prête plutôt à la traduction tandis que e.e. cummings est certainement l'un des auteurs les plus difficiles à traduire (voir complètement intraduisibles dans certains poèmes) existants, étant déjà très difficile à aborder dans le texte original en lui-même. mais ces paramètres varient d'auteur à auteur et de poème à poème. alors que penser de tout ça?
il est clair que la question du pour ou contre la traduction se fait tout en nuances et chaque auteur étant différent, la qualité et la difficulté des traductions sont assez imprévisibles. on ne peut pas imaginer un monde sans traduction, mais je pense qu'il serait bon qu'on prête un peu plus d'attention à la valeur des textes traduits parce que certains traducteurs méritent des claques. le texte en lui-même, sa signification première est importante, mais il ne faut pas oublier que sa beauté, son style en tant qu'enchaînement de mots, de phrases l'est tout autant et qu'elle se doit d'être un minimum respectée. |
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| (pas de sujets) |
[fév. 14e, 2006|01:06 pm] |
| [ | Les mots dans ma tête |
| | amused | ] |
| [ | Les voix qui m'entourent |
| | cabaret voltaire | ] | je suis recemment venu a cette communaute'. je suis etudiant americain de la litterature francaise. peut-etre quelqu'un peut m'expliquer comment mettre des accents dans mes affiches (ou est-ce qu'on dit simplement les postes?)? c'est probablement la raison que je n'ai rien dit avant d'ici.
donc, je peux partager un jeu de mots interessant que j'ai trouve' comme citation dans La Fete a Venise, de Philippe Sollers (convenablement, sans accents):
"La devenir-falsification du monde est le devenir-monde de la falsification." - Guy DeBord |
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| Des mots jusqu'à l'ivresse |
[fév. 13e, 2006|09:09 pm] |
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"Ainsi découvrit-il la vertu paradoxale de la lecture qui est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens." Daniel Pennac, Comme un roman.
"L'écrivain essaie de flairer, humer l'air du temps, de comprendre quelque chose qui est là et que les autres ne voient pas, et vers quoi titubent ses livres en essayant de l'expliquer." Salman Rushdie
"La lecture, resurrection de Lazarre, soulever la dalle des mots." G.Perros, Echancrures.
"Nous plongions dans les livres sans perdre de temps en barbotage frileux." D. Pennac, Comme un roman.
"Un poète est un rossignol qui, assis dans l'obscurité, chante pour égayer de doux sons sa propre solitude." Percy Bysse Shelley.
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